La systématisation de la pose des compteurs et du paiement au volume a permis, avec l’appui des structures de gestion Asureps
des villages équipés par Alizés, de dégager des profils de consommation spécifique (litres par jour et par habitant). Le graphique G1 montre l’évolution de la consommation spécifique dans les 10
derniers mois.
La consommation moyenne par jour et par habitant entre juillet 2007 et avril 2008 s’élève à 21L à Ndiakhaye, 17L à
Ndiawdoune, 8L à Fanaye Walo, 6L à Kharé et 4L à Guidakhar[1]. Sur les nouveaux sites on observe une stabilisation
des consommations une phase d’augmentation puis de baisse les 2 à 3 premiers mois.
On constate également que les villages ayant des revenus par ménages inférieus à 100.000Fcfa et un accès facile et proche à
une eau de surface de type fleuve ont des consommations spécifiques d’eau potable en dessous de 10 L par jour par personne (Kharé, Guidakhar, Fanaye Walo).
Les villages ayant un accès plus difficile et éloigné d’une eau de surface et des revenus ménages supérieurs à
100.000Fcfa/mois (Ndiakhaye, Ndiawdoune) présentent des consommations spécifiques proches de 20 L par jour par personne
Les villages les plus peuplés sont Ndiawdoune avec 1536 habitants et Guidakhar avec 1500 habitants environ en 2007.
Les trois autres villages nouvellement équipés présentent des populations totales avoisinant les 800 habitants.
La consommation mensuelle totale se réparti selon les branchements privés (BP en
bleu), les bornes fontaines (BF en orange) et les branchements sociaux (BC ou BS en
vert).
La consommation mensuelle totale de Ndiawdoune est de 779m3/mois. Les autres stations ont des productions
inférieures.
Les familles connectées par branchement à domicile dans les 3 nouveaux sites bénéficient d’un niveau de service supérieur à
celui de Guidakhar et Ndiawdoune dont les habitants se fournissent à la borne fontaine. Le passage à un tel niveau de service dans les premiers sites devrait sensiblement faire augmenter les
niveaux de consommation et sécuriser la rentabilité de l’exploitation et le renouvellement des installations.
Les ouvrages de distribution dans les localités sont répartis comme suit :
D’après les recettes mensuelles, en moyenne sur les 5 sites étudiés, une dépense quotidienne de 5 Fcfa/personne est consentie
pour acheter de l'eau potable (données en vert).
D’après les données ménages recueillies lors des études de faisabilité des 3 nouveaux sites, le part des dépenses mensuelles
des ménages pour l’achat d’eau potable à partir du réseaux Alizés (en orange) s’élève à 1,4% soit 1265Fcfa à Fanaye Walo pour 8L/j/hab.,
2,0% soit 3886Fcfa à Ndiakhaye pour 21 L/j/hab. et 1,8% soit 793Fcfa à Kharé pour
6L/j/hab.
Ces différences s’expliquent par la différence des consommations et par la différence des revenus des ménages de ces
localités.
A Ndiawdoune, en 2000, les investissements par usager se sont élevés à 17.886Fcfa/usager desservi.
L’investissement moyen par usager est égal à 59.898Fcfa/usager desservi sur les 3 nouveaux sites. Le stockage, la densité du
réseau et donc la qualité du service étant supérieurs dans les nouveaux sites ont notamment impliqué la hausse de l’investissement par habitant.
C’est la station de Fanaye Walo qui présente le meilleur rapport entre nombre de litres dimensionnés par habitant et
l’investissement par habitant.
Les stations de traitement Alizés ont des capacités journalières de productions différentes suivant les technologies
installées. Les principaux éléments dimensionnant sont les pompes d’eau brutes et d’eau décantées. Les dispositifs de traitements tels que les décanteurs et les filtres laissent la possibilité
d’accroître encore la capacité journalière de production.
Les capacités journalières de production maximales en bleu (20heures de fonctionnement pour les installations électriques)
couvrent largement les besoins en eau potable des sites. Le site de Ndiawdoune devra passer en décantation continue pour avoir la CPJ indiquée ici. A Fanaye Walo la durée de pompage quotidien
n’excède pas 2 heures alors qu’elle dépasse 7 heures à Ndiakhaye, impliquant des écarts de dépenses énergétiques.
Avec des populations, des volumes mensuels consommés et des tarifications différents, la moyenne des recettes mensuelles est,
dans chaque site étudié, supérieure à la moyenne des charges d’exploitation hors provisions pour renouvellement. Le meilleur rapport entre recettes et charges d’exploitation est obtenu à
Ndiakhaye (énergie électrique et branchements privés) avec un ratio de 2,08 pour un tarif de 450Fcfa/m3 et une consommation moyenne de 530m3/mois.
Le site de Ndiawdoune présente également une bon ration (1,64) avec un tarif de 750Fcfa/m3, une desserte à la
BF, une population deux fois plus importante (1536 hab. en 2007.) pour une consommation moyenne de 774m3/mois.
Sur les 4 sites présentant des données substantielles sur plus de 6 mois, vu le fort taux de recouvrement des factures (près
de 100%), le coût de production de l’eau hors provisionnement est sensiblement lié au ratio entre les recettes et les charges d’exploitations.
Le coût de production moyen sur les 4 stations s’élève à 297 Fcfa/m3. Le coût de production le plus élevé se
retrouve à Guidakhar principalement à cause de la faible consommation mensuelle. Les charges énergétiques sont pourtant très réduites, mais les coûts fixes (salaires, divers) font augmenter les
coûts de production. Le coût de production le plus faible est de 216 Fcfa/m3 et est enregistré à Ndiakhaye (énergie électrique basse tension.
Le poste de dépense le plus important constitue les salaires avec en moyenne une part de 52,5% des charges d’exploitation
hors provision pour renouvellement, soit 168Fcfa/m3 vendu. Les coûts liés aux intrants s’élèvent en moyenne sur les 4 sites à 9,5% des charges d’exploitation soit
28Fcfa/m3.
La maintenance sur les 2 nouveaux sites (mi-2007) n’induit aucune charge depuis le démarrage. Ce phénomène induit ailleurs de
nombreuses Asureps à revoir à la baisse leur tarification, alors que ces charges vont rapidement augmenter. A l’image de Ndiawdoune avec 25% (68Fcfa/m3) et 11% (38Fcfa/m3)
des dépenses allant à la maintenance préventive et curative (dépannages). Le coût énergétique lié à l’électricité est de 168Fcfa/m3 (68% des charges) à Ndiakhaye, 89Fcfa/m3
(29%) à Fanaye Walo
. Il est de 23Fcfa/m3 (8%) à Ndiawdoune (éolien + électrique) et de 0Fcfa/m3 à
Guidakhar (éolien+solaire).
Une série de questions posées aux ménages des villages équipés dans la Région de Louga mettent à jour des connaissances et des
pratiques de consommation, de transport et stockage de l’eau de boisson qui n’intègrent généralement pas les mesures d’hygiène au sens bio-médical du terme. Les conceptions traditionnelles de la
« propreté » prévalent encore largement dans les usages.
Ainsi, l’utilisation des canaris reste largement majoritaire malgré le
contact fréquent de l’eau avec la salive du pot de boisson[1](cf. graphique 1). De plus, les canaris sont souvent placés dans la concession pour être accessibles à tous, visiteurs et enfants compris, et
ce même pour les ménages disposant de branchements privés car ils y stockent généralement l’eau pour la journée.
Moins d’un quart des ménages (23%) désinfectent régulièrement ces récipients avec de l’eau de Javel. Les
manipulations et épanchements d’eau autour du stockage favorisent une hygiène « imparfaite[2] » autour du stockage dans 48% des ménages.
32% des ménages enquêtés admettent ne pas couvrir les récipients lors du transport depuis le lieux de
puisage, laissant la ressource à la portée de la poussière. Pour le traitement de l’eau de puits avant la boisson, seulement 50% des ménages enquêtés utilisent de l‘eau de javel.
La
maîtrise des bonnes pratiques sur les thèmes ci-dessus diffère selon les villages enquêtés (cf. graphique 2). On soulignera que bien souvent les connaissances et le discours des ménages
concernant des précautions pour éviter les maladies sont décalés par rapport aux pratiques quotidiennes effectives.
[1]A cet égard, les canaris à robinet ou les bidons jaunes (20L) sont les solutions optimales du point de vue de l’hygiène.
[2]Imparfaite aux yeux de l’enquêteur dont la
subjectivité est évidemment interrogée
Dans tous les villages, malgré l’existence de bornes fontaines et de forages à pompe à motricité humaine, le puits reste une ressource fortement utilisée (cf. graphique 3). Ces points d’eau sont souvent pollués par la chute d’objets ou excréments d’animaux (selon 17% des ménages) quand ils ne disposent pas d’un dispositif de couverture. Recouverts, ils peuvent être contaminés par les ustensiles de puisages (cordes et seaux) qui traînent à même le sol.